TANG

Chronique Core&Co

février 27th, 2012

C’est la première chronique qui tombe, et c’est plutôt cool : ils ont apprécié le disque chez Core & Co !

« Il y a des groupes aux noms évocateurs tels que Tang qui ouvrent la porte à moult jeux de mots boiteux. Autant dire que c’est du pain béni pour le journaleux en panne d’inspiration. Facile pour un titre à plus d’un titre, Tang est aussi bon que le fruit. Et pour Dynamite Drug Diamond, le fruit en a mis du temps pour tomber de l’arbre ! Il a fallu que l’arbre fasse une fleur, qu’on vienne ensuite la butiner, puis que le fruit se gorge de sucre pour mûrir et alors se poser sur la pelouse pour être enfin récolté. Tout ça en 6 ans, soit 24 saisons. On n’y croyait plus. De l’aveu même des membres du groupe, il était temps ! Temps de sortir cet album longuement travaillé, temps de sortir de la rubrique nécrologique également. Mais il faut parfois faire preuve de la plus sage patience pour profiter pleinement d’un fruit aussi mûrement abouti que Dynamite Drug Diamond.

Les chiens ne font pas des chats et Tang fera toujours du Tang. Reprenant là où Another Thousand Days Out Of This World nous avait laissé, le groupe relance la machine avec ce son bien caractéristique, et ce dès les premiers instants de « Highway Encounter ». Du rock noisy en rupture aux plans teintés de post hardcore, la palette du groupe semble s’être cependant étendue à de nouvelles sonorités ; jusqu’à même inclure des trompettes sur « Helissandur » ou du violoncelle sur « Roses Out Of Chaos ». À l’image des deux chants qui se répondent l’un à l’autre, alternant phrasé, scandé, crié et maintenant chanté, le groupe a pris la mesure du potentiel de chacun de ses membres. Pas de doute, Tang a pris le temps de chiader ses arrangements tout en gardant cette urgence et cette évidence dans chaque morceau. Rien n’est donc laissé au hasard, Dynamite Drug Diamond est plein là où Another Thousand Days… pouvait sembler incomplet. L’expérience certainement, le temps et l’intransigeance surtout. Bénéficiant d’une production signée Bosshog et d’un tracklisting irréprochable, les 48 minutes que durent l’album semblent être irrémédiablement liées les unes aux autres, sans que l’attention ne puisse retomber.

Dynamite Drug Diamond est l’album qu’on attendait, ou pas, ou plus. Toujours avec cette tension électrique (ici en version 3.0), la musique de Tang a cette fois pris le temps d’éclore. Comme pour prouver que tout n’est pas qu’une histoire de sprint ; attitude quasi contradictoire avec la période que nous vivons. Alors, cette nouvelle mouture vaut-elle six ans d’attente ? Clairement, oui. Pourquoi ? Parce que le disque est foutrement construit et envoûtant, ravalant ainsi la façade de l’édifice post hardcore. Rien que ça. Tang, c’est loin d’être de la petite limonade. Damned, je me remets à faire des jeux de mots boiteux !

Geoffrey Fatbastard
le 27/02/2012 »

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